Le climat – Quatrième épisode – La circulation générale de l’atmosphère

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La plupart des processus déjà discutés dans le troisième épisode sont liés à la circulation de l’atmosphère. C’est cette circulation qui transporte la chaleur, la quantité de mouvement, les nuages, l’eau, l’ozone et la pollution dans le monde entier. Le transfert d’énergie vers les pôles est essentiel à l’équilibre énergétique global. C’est lui qui permet de compenser la diminution de la puissance incidente du Soleil avec la latitude. Environ la moitié de ce transfert, d’un montant de plusieurs pétawatts (1 PW = 1015 W) se produisent dans l’atmosphère, et le reste dans les océans. 

Comment circule donc l’atmosphère terrestre?

La circulation océanique est couplée à celle de l’atmosphère par la quantité de mouvement et le transfert de chaleur entre les vents proches de la surface et la surface de l’eau. Si la Terre avait une surface uniforme et ne tournait pas, le chauffage solaire serait maximum au point sub-solaire et zéro partout ailleurs, du côté de la nuit. (Le point sub-solaire est le point situé à la surface de la Terre exactement à la verticale du soleil.) La persistance de cette situation conduirait à une circulation atmosphérique du point sub-solaire vers le point anti-solaire en passant symétriquement autour de l’équateur (voir la figure ci-dessous).

C’est simple, n’est-ce-pas ? Cependant cela ne décrit pas la réalité ! Considérons d’abord le cas de Vénus …

Grâce à l’observation de notre planète soeur, Vénus, nous savons qu’elle ne tourne qu’une fois en 243 jours terrestres. A cette faible vitesse de rotation, le chauffage solaire se redistribue autour de l’équateur de façon assez efficace pour rendre les pôles, situés sur l’axe de rotation, les endroits les plus froids de la planète (comme on en a l’habitude 🙂). De plus, on s’attend à ce que la circulation atmosphérique se compose principalement d’air ascendant dans la région chauffée, d’air descendant lorsque le refroidissement l’emporte sur le réchauffement et une circulation entre les deux.

Dans le cas de Vénus, l’air chaud aux basses latitudes monterait et se déplacerait vers les pôles, se refroidissant au fur et à mesure ; près des pôles, il descendrait et se déplacerait à un niveau plus bas vers l’équateur. (L’air chaud est moins dense que l’air froid et donc reste au dessus 🙂.) L’air complète ainsi une grande circulation appelée cellule de Hadley. Ce schéma simple semble bien décrire la circulation atmosphérique moyenne sur Vénus (voir la deuxième figure ci-dessous)

Circulation générale

Bon, et sur Terre alors ?

Sur Terre, ce schéma n’est hélas pas stable à cause d’une rotation plus rapide de la planète sur elle-même. Au lieu de cela, l’effet Coriolis (ah, voila de la mécanique) ajoute une composante parallèle à l’équateur aux flux en direction des pôles. Cet effet ferme la la circulation dans la cellule de Hadley en forçant le flux nord-sud dans une direction est-ouest avant de pouvoir atteindre les hautes latitudes. Plus loin les cellules se développent et, pour des raisons non intuitives mais démontrables, la rotation de 24 heures de la Terre provoque le développement de trois cellules de circulation dans chaque hémisphère au lieu d’un seul : les cellules de Hadley, de Ferrel et de Polar (voir la troisième figure ci-dessus).


Bref, il faut toujours que ce soit compliqué sur Terre. C’est sans doute pour cela que nous pouvons y vivre 🙂

En plus, cette image simplifiée (non, en plus c’est simplifié ! 🙂) n’est valable qu’en moyenne à long terme de la circulation atmosphérique générale. Elle explique seulement à moitié le transport de chaleur vers les pôles. L’autre moitié du transport méridional total est le résultat de tourbillons, dont font parties les systèmes orageux en latitude moyenne, les vagues et la turbulence sur une large gamme d’échelles de temps et d’espace.

Une question cruciale à laquelle les scientifiques ne peuvent pas répondre avec des modèles ou concepts physiques simples est :

Pourquoi la combinaison de transfert cellulaire et turbulent conduit au gradient de température particulier observé entre l’équateur et le pôle ?

Il s’agit là d’un facteur déterminant du climat et de son changement possible. Un élément de réponse est que le système climatique agit de manière à maximiser le taux de production d’entropie (c’est une espèce de principe directeur ; zut ! , encore de la thermodynamique).

Production d’entropie

Ainsi, il apparaît que le transfert d’énergie dynamique au sein du système climatique tend non seulement vers un état d’entropie maximum, comme l’exige le deuxième loi de la thermodynamique, mais aussi qu’elle va dans cette direction à la vitesse la plus rapide possible. L’explication, en gros, est que les processus impliqués sont complexes et chaotiques, et offrent donc une nombre infini de chemins menant à l’état de désordre maximal.

Chouette alors !, du désordre, du désordre 🙂 

(Le cycle d’absorption, de transfert et d’émission de radiations par le système climatique, qui implique un taux de production d’entropie supérieur à celui du transport de chaleur, n’a pas cette propriété et ne se comporte pas de cette manière.)

Voila voila, j’en ai fini pour cet article 🙂. J’espère que vous l’avez aimé. Si c’est le cas et que vous ne voulez pas raté les suivants, souscrivez à notre lettre et n’hésitez pas àlaisser un commentairepour me faire partager votre avis, vos accords avec ce qui est écrit, vos objections 🙂

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